- Aujourd’hui, Alice Renaux est non seulement maçonne, mais aussi une experte reconnue dans de nombreux domaines du bâtiment. Près de 40 000 personnes la suivent sur Instagram et elle a reçu le trophée « Reconversion 360° » des Talentueuses de Semin. Malgré la qualité des autres candidatures, le jury n’a eu aucun doute.
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Alice, qu’as-tu ressenti en 2007 quand tu as été recalée lors de ton inscription à la formation de maçon ?
- « Je ne m’attendais pas du tout à être refoulée comme ça. Déjà à l’époque, on n’arrêtait pas de dire que le BTP recrutait, alors j'ai été scotchée. Il s’agissait d’une reconversion, je ne pouvais pas non plus m’inventer un passé professionnel dans le bâtiment. J’ai un seul regret. On ne m’a pas posé de questions sur mes intentions et mes motivations. »
Tu as quand même été recalée parce que tu es une femme, un motif que l’on peut qualifier de discriminatoire.
- « J’ai croisé à nouveau cette personne quelques années plus tard. C’est même lui qui m’a reconnue. Franchement, je ne suis pas rancunière. Il aurait pu, c’est sûr, formuler autrement son refus. Il ne voyait aucun avenir pour moi dans ce secteur. D’ailleurs, quand j’ai obtenu mon CAP en maçonnerie, Pôle Emploi ne m'a jamais envoyé la moindre annonce pour travailler dans le bâtiment ! Malheureusement, sur le fond, il n’avait pas totalement tort. »
Près de 20 ans plus tard, est-ce que tu es encore maçonne ?
- « Je le suis encore de formation, mais je ne prends plus de chantiers où je dois exercer ce métier, même si mes clients me le demandent parfois. J’accompagne les autoconstructeurs et les autorénovateurs dans leur projet d'amélioration de l’habitat. Je les forme aussi. »
Sur Instagram, tu es connue sous le nom « La Penduline ». Qu’est-ce que cela signifie ?
- « C'est un petit passereau qu'on trouve en France. Il construit un joli nid douillet en forme de cocon avec des fibres végétales suspendu à la branche d’un arbre. »
C’est une description qui te ressemble. Car tu as construit une maison en paille. C’est bien ça ?
- « Je suis en train de construire ma maison en bottes de paille et en terre. »
Peux-tu me citer un avantage de la botte de paille ?
- « Malgré la canicule en juin, on n’a jamais dépassé les 22 degrés à l’intérieur de la maison ! »
En terre ?
- « On devrait l’utiliser en priorité et partout. Il n’y a pas de matériaux plus écologiques et plus durables pour construire ou rénover aujourd’hui. C'est le seul matériau que tu pourras réemployer d’ici 30, 50 ou 100 ans. Il n’est pas perdu, il ne produit aucun déchet et tu peux le transformer à l’infini. En France, un pays occidental, cela peut sembler idéaliste. Mais, à l’échelle de la planète, ça reste encore le matériau de construction le plus utilisé ! Il est disponible là où tu construis et il est gratuit. »
Donc, si je résume bien, sur ton terrain, tu as de la terre et avec cette terre, tu peux construire ta maison.
- « Pour la France, ce n’est pas valable sur tout le territoire. Ça dépend notamment de la composition de la terre. Elle doit être suffisamment argileuse. »
Avec cette terre, tu fabriques aussi tes peintures.
- « Oui, je fabrique mes peintures. Elles sont naturelles. Comme ça, je maîtrise leur composition et elles ne contiennent bien sûr aucun polluant. »
Plusieurs industriels du bâtiment s’engagent dans la protection de l’environnement et font des efforts pour proposer des produits biosourcés. C’est notamment le cas de Semin qui organise le trophée des Talentueuses. Comment et pourquoi as-tu choisi de concourir ?
- « De base, j’utilise très peu de matériaux issus de la production industrielle et pour être honnête, je n’avais jamais choisi des produits Semin pour mes chantiers. C’est vrai qu’on a trop souvent tendance à diaboliser ce que font les industriels, alors qu’on devrait plutôt travailler ensemble en bonne intelligence dans l’intérêt du bâtiment, des habitants et de l’environnement
- Alors, avant de remplir mon dossier de candidature, je me suis renseigné sur l’histoire de l’entreprise de cette famille. J’ai lu des témoignages de monsieur Semin, le père de Caroline. J’ai compris que c’était une entreprise qui avait un long vécu. Par exemple, quand il parcourait les routes de France dans sa voiture avec une carte Michelin en main pour aller démarcher des clients. Cela me semblait un récit d’un autre temps au niveau de la communication et ça m’a séduit. »
Je trouve ta démarche pertinente et révélatrice. Tu as eu la curiosité de t’informer avant de décider d’envoyer ton dossier de candidature. C’est la preuve qu’il est extrêmement important pour une entreprise de raconter son histoire.
- « Absolument, je n’aurais pas candidaté si je n’avais pas vu qu’il y avait une histoire derrière la marque Semin. »
En plus, il s’agit d’un trophée qui récompense les femmes dans le bâtiment porté par une femme, Caroline Semin. Est-ce que cela a aussi été déterminant pour toi ?
- « C’est essentiel. Si c’était un homme qui avait eu cette idée, ça ne serait pas du tout la même chose. J’aurais même eu l’impression qu’il se moque de nous. J’y aurais vu un côté condescendant, voire patriarcal, insupportable. »
En lisant ton dossier, le jury, dont je faisais partie, a été impressionné par ton parcours. Cette récompense était donc logique pour nous, malgré une forte concurrence. Qu’est-ce que tu as ressenti quand tu es montée sur scène, que tu réponds aux questions d’Estelle Denis et que tu reçois le trophée des Talentueuses des mains de Philippe Paulic, le fondateur et président de Zepros ?
- « Les projecteurs, les micros, les honneurs, ce n’est pas du tout mon truc. C’était panique à bord, le Titanic en plein naufrage. »
Je te rassure tout s’est bien passé. Tu es apparue comme une femme posée qui prenait le temps de réfléchir avant de répondre. À qui souhaites-tu dédier ce trophée et pourquoi ?
- « Je dédie ce trophée à Brigitte Bonello. C'est la créatrice de la première formation que j'ai faite dans le bâtiment pour devenir coordinatrice en rénovation énergétique. C’est une femme visionnaire, car c’était il y a pratiquement 20 ans. Elle a conçu une formation de 8 mois sur la rénovation énergétique de l’habitat en passant en revue l’isolation, la ventilation, la pollution électromagnétique, la qualité de l’air, la conception bioclimatique, l’assainissement, l’utilisation de matériaux biosourcés, etc
- C’était compliqué, voire inédit, à l’époque de présenter un projet si novateur. D’ailleurs, on lui a mis de nombreux bâtons dans les roues et elle a dû se battre pour que cette formation devienne diplômante. Elle faisait intervenir des entrepreneurs, des artisans, des architectes, des professionnels du bâtiment qui venaient partager leur expérience du terrain et leur savoir-faire. C’est en allant à leur rencontre que mon réseau s’est étoffé. Par exemple, c’est grâce à l’un ces intervenants que j’ai pu travailler pour la première fois sur des chantiers de construction.
- J’ai vraiment envie de lui dédier ce trophée, car c’est grâce à cette femme que j’ai pu rebondir après mon recalage en maçonnerie. Elle m’a ouvert un nouveau monde. »
Est-ce que tu peux nous raconter ta reconversion ? Pourquoi avoir changé d’orientation ? Que faisais-tu avant ?
- « J’étais ingénieure territoriale en charge de la gestion des milieux aquatiques. Je travaillais sur les rivières et les fleuves du bassin versant de la Dordogne. J’étais fonctionnaire et je n’avais pas encore accepté ma titularisation. Ce fut une expérience éprouvante. J’ai commencé à faire de l’urticaire géante liée au stress. Pour mon bien, et sur les conseils de mon médecin, je ne pouvais plus continuer à travailler dans les mêmes conditions. Alors en 2006, j’ai décidé de démissionner et j’ai acheté une maison de 1780 à rénover entièrement ! »
C’était une façon de rebondir immédiatement. Ce qui correspond à ton caractère, comme le montre cette phrase extraite de ton dossier de candidature :
- « Il ne faut pas abandonner même lorsqu’on a l’impression d’être face à un mur. Il existe plusieurs chemins pour atteindre son but, ils sont souvent plus longs, mais ils permettent d’autres rencontres et d’autres expériences, ce n’est donc pas du temps perdu. »
Mais, comment as-tu fait ? Tu ne savais pas à quoi tu t’engageais, car tu n’avais jamais mis les pieds sur un chantier de rénovation.
- « J’ai été curieuse. Je voulais rénover cette maison en respectant son histoire, son patrimoine. Les réseaux sociaux n’existaient pas encore et il n’y avait pas dix milliards de blogs qui parlaient de rénovation. J’ai acheté tous les bouquins sur ce sujet, mais surtout, j’ai découvert le forum du magazine « Système D ». Il a été pour moi la porte ouverte vers ce nouvel horizon.
- Je n’avais pas accès à internet. J’allais donc à 8 km de chez moi. Je garais ma vieille Golf pourrie sur le parking d’une pizzeria pour choper le wifi. J’y passais de longues soirées à dialoguer avec des gens éparpillés dans toute la France sur de nombreux sujets comme la chaux, le chanvre, les techniques de construction.
- C’était encore insuffisant. Je ne pouvais pas m’improviser maçon ou artisan du jour au lendemain. J’ai donc commencé à faire des stages dans le Périgord et quelques chantiers participatifs. »
Je t’interromps un instant. Tu avais quand même déjà tenu un marteau dans ta main quand tu étais plus jeune.
- « Pas du tout. J'avais l'étiquette de l’intellectuelle avec de bonnes notes et des mentions à l’école puis dans mes études. J’ai quand même de grosses facilités d’apprentissage, de compréhension, d’acquisition et pour emmagasiner de l’information. Le travail manuel, ce n’était pas pour moi. Même si, c’est vrai, j’ai toujours vu ma mère le faire. Elle retapait des meubles et bricolait souvent. »
C’est une nouvelle fois, une femme, en l’occurrence ta maman, qui a eu une petite influence, même inconsciente, sur toi vers les métiers du bâtiment. C’est important de le souligner dans le cadre des Talentueuses. Et c’est d’ailleurs une autre femme, une de tes nombreuses abonnées sur Instagram, qui t’a incitée à participer à ce trophée.
- « Oui, c’est une abonnée qui m’a parlé de ce trophée réservé aux femmes du bâtiment et qui m’a encouragé à y participer. C’était une belle idée et je la remercie sincèrement. »
Tu es suivie par près de 40 000 personnes sur Instagram, c’est impressionnant. Qu’est-ce que les réseaux sociaux t’apportent et qu’ont-ils changé dans ta carrière ?
- « Les réseaux sociaux ? Ils m'apportent quasiment tous mes clients ! C’est clair.
- J'attire des clients qui savent précisément ce que je fais. Ce qui me permet de travailler avec des gens avec qui j'ai envie de travailler, et pas juste parce que j'ai besoin de remplir le frigo. Je suis sur les réseaux sociaux comme je suis dans ma vraie vie. Donc, s’ils m’appréciaient sur les réseaux, il n’y a aucune mauvaise surprise pour eux. Humainement, ça se passe bien. Il n’y a pas erreur sur la personne.
- Je ne fais pas non plus de communication au niveau local. Je travaille partout en France et si on m'appelle à l'étranger sur un projet qui m'intéresse, j'y vais. J'étais récemment en Bretagne et en Normandie. Là, je pars dans le Tarn. Je ne suis pas contrainte de travailler dans un rayon de 50 km autour de chez moi. »
Encore une fois, ce que tu dis est révélateur. On se rend compte que si on sait bien utiliser les réseaux sociaux, cela favorise l’authenticité. Ton succès sur Instagram est surtout lié à la qualité exceptionnelle de tes reels. Non seulement d’un point de vue technique, de la réalisation et du montage, mais surtout d’un point de vue pédagogique comme tes explications sur le bulbe de compression par exemple. C’est remarquable.
On a vu que tu aimais dialoguer avec tes abonnés. Quelles sont les questions qui reviennent le plus souvent ?
- « Oh oui, on me pose énormément de questions. Si je devais répondre à tout le monde, il faudrait me cloner ! Ce ne sont pas juste des petites questions. Parfois, je reçois un message d’une centaine de lignes avec une dizaine de photos ! Ce n’est pas non plus mon métier de donner des conseils gratis. C’est surtout le temps qui me manque. Je n’ai pas trois heures à consacrer par jour aux questions des abonnés. Mais, je fais le maximum pour y répondre. »
En plus du temps que tu passes sur les réseaux sociaux, tu m’as avoué que tu parles de ton travail tout le temps ! Pourtant dans ton dossier, tu dis que ce qui fait que tu te lèves chaque matin, ce sont tes enfants ! Est-ce que ce n’est pas contradictoire ?
- « Non seulement je leur parle de mon métier, mais en plus ils m’accompagnent sur les chantiers ! Ils sauront bien se débrouiller plus tard (rires). Ils savent déjà étaler les enduits et prennent du plaisir à peindre les murs de notre maison.
- Nos enfants, Blanche qui a 11 ans et Lazare qui a 9 ans, ne sont pas scolarisés. Ils sont instruits en famille. Notre vie n’est pas du tout compartimentée. Il n’y a pas d’un côté des jours de vacances et de l’autre des jours travaillés. Notre vie de travail est imbriquée dans notre vie de famille. Ils me suivent sur les chantiers, les clients le savent. C’est la règle. »
Dans ton dossier, tu expliques que la première chose à changer dans le bâtiment serait les conditions des congés maternité.
- « Oui, c’est catastrophique. Je crois qu’ils considèrent que tu es capable de travailler sur un chantier jusqu’à l’accouchement et que tu reprennes, comme si de rien n’était, 15 jours après ! Il y a un moment où la fatigue physique prend le dessus, que tu le veuilles ou non. Les indemnités sont dérisoires. Surtout, si tu es artisane. Alors, j’ai décidé d’intégrer une coopérative du bâtiment pour avoir un statut à la fois d’indépendant et de salarié, ce qui me permet d’avoir un congé maternité adéquat.
- Il faudrait qu'on donne une vraie indemnité aux artisanes qui leur permette de manger un minimum et couvrir les charges d'une entreprise. »
Dans ton intervention au moment de la remise de ton trophée, Estelle Denis t’a demandé si tu constatais une évolution dans les mentalités. Ta réponse a été réaliste, voire pessimiste. Je te cite : « j’aimerais pouvoir dire oui, mais je reçois encore trop de témoignages qui montrent que ça n’évolue pas assez. » Peux-tu citer un exemple ou deux ?
- « Je vais citer 2 exemples. Le premier me concerne directement.
- Je suis chez moi. Le téléphone sonne. Bastien, mon conjoint répond.
- - Monsieur Masson (c’est son nom de famille) bonjour.
- - Bonjour, Monsieur le maçon, je vous appelle pour un chantier.
- - Attendez, car ce n’est pas moi le maçon, c’est ma femme.
- Je n’ai même pas eu le temps de lui parler, le gars avait déjà raccroché.
- Voici un autre exemple qui concerne une amie architecte. Elle travaille avec son mari qui lui aussi est architecte. Lors des réunions, quoi qu’elle dise, il y a toujours quelqu’un qui va demander à son mari de confirmer ses propos. C’est toujours lui qui doit avoir le dernier mot. »
Changer les mentalités, c’est aussi dire aux jeunes que le bâtiment n’est pas une voie de garage. Comment peut-on faire passer ce message et les motiver ?
- « On peut commencer en leur disant que ce sont des métiers qui te rendent heureux au quotidien. Le bien-être mental et psychologique est fondamental. Il y a plein de gens qui se reconvertissent parce qu’ils ne se sentent pas bien dans leur boulot, j’en ai fait l’expérience. »
Pour faire passer ce message, il faut aller là où sont les jeunes, par exemple, les réseaux sociaux. Je pense que des personnes comme toi ou des artisans plus jeunes comme Dylan Touzé (ambassadeur Semin) ou Hilanie Rousseau (qui a reçu le trophée des Talentueuses en tant que créatrice de contenu) peuvent donner envie aux jeunes de travailler dans le bâtiment.
- « Il y a surtout une carte à jouer avec les artisans plus jeunes que moi (rires), parce que maintenant, moi, je suis plus vieille. Un bon artisan qui arrive à bien communiquer sur les réseaux et qui fait le buzz peut clairement donner envie de travailler dans le bâtiment. Je l’imagine réagir en se disant : « C'est cool ce qu’il fait. Il a l'air s’éclater, et en plus il crée, en plus il peint ou en plus il dessine ou en plus il construit des maisons, c’est quand même dingue de construire une maison ! »
Et toi, justement, qu’est-ce que tu préfères faire sur un chantier ?
- « J’adore enduire les murs. Je me mets en mode relaxation et méditation. Je peux passer 10 heures à enduire des murs, ça ne me pose aucun souci. Je vois le mur se transformer peu à peu sous mes yeux. »
Quel est le client qui t’a le plus ému ?
- « C’est un couple que j’avais rencontré lors d’une foire. Un jour, alors qu’ils se reposaient dans leur jardin avec leur fille de 2 ans, ils ont vu leur maison brûler ! C’était une maison en pierre, il ne restait que les murs. On a notamment fait un magnifique sol en tomettes. »
Quel est ton outil fétiche ?
- « C’est un planoir japonais pour faire les enduits. »
Tu es une talentueuse du bâtiment et on a compris pourquoi. Mais quel est ton autre talent ?
- « C’est difficile de répondre à cette question, car je vis pour le bâtiment. Je n’ai pas le temps de faire autre chose ! »
Réfléchis bien, tu as bien fait quelque chose de différent dernièrement.
- « Au printemps dernier, on a fait un voyage en famille de 3 600 km à vélo. On a pris le train jusqu’à Berlin, puis on a traversé l'Allemagne à vélo jusqu'à la mer Baltique, on a enchaîné avec le tour de la Pologne pour finalement revenir par la République Tchèque jusqu’à Prague. »
Quand tu n’es pas sur un chantier, que fais-tu pour te relaxer chez toi ?
- « Je m’occupe de mes enfants et on joue à des jeux de société comme « Écosystème Forêt », c’est un jeu de cartes qu’on a pu emporter lors de notre périple à vélo. »
Si tu sors où vas-tu ? Ciné, resto, musée, autre ?
- « On vit loin de tout au milieu de la campagne. Mais dès qu’on peut, on va faire un ciné. On vient d’aller voir « Dragons » un film d’aventure fantastique. »
Walt Disney disait: “Pour réaliser une chose vraiment extraordinaire, commencez par la rêver.” Quel est ton prochain rêve ? C’est d’ailleurs une question que tu as posée à tes abonnés sur Instagram.
- « Mon prochain rêve serait quand même de finir les travaux de ma maison en paille, ça fait 10 ans qu’on a commencé. »
Quel est le lieu qui t‘inspire le plus ?
- « La plage et le bord de mer de ma région natale, la Manche. En particulier, les grandes plages de la côte ouest du Contentin. »
En conclusion de cette interview : est-ce que tu crois que tu peux être un exemple pour d’autres femmes ?
- « J’en suis certaine, tout simplement parce qu’on me l’a déjà dit. En particulier, des femmes qui sont dans un processus de reconversion. Aujourd’hui, c’est plus facile qu’il y a 20 ans, car il y a beaucoup plus de formations. Par exemple, il y a un CAP « Maçonnerie Terre ».
- En Normandie, en Bretagne et en Rhône-Alpes, on a un gros patrimoine de maisons construites en terre à rénover. Il faut des professionnels qui savent travailler ces matériaux. Des femmes aussi et je les aide à franchir le cap. »
En lisant ton interview, je suis certain que plus personne n’osera dire : « Aucune entreprise du bâtiment n’embauchera une femme en maçonnerie ! » Bien au contraire, ils seront ravis d’accueillir de jeunes femmes ou des femmes en reconversion qui auront envie de devenir maçonnes. Merci Alice.
Propos recueillis par Denis Gentile.