Interview

Hilanie ROUSSEAU

Hilanie ROUSSEAU, le rayon de soleil du bâtiment. 

« L’école, c’était vraiment dur pour moi. Les autres élèves se moquaient de moi. Javais notamment du mal à me concentrer. J’étais dyslexique. »

L’histoire d’Hilanie Rousseau, peintre en bâtiment depuis l’âge de 15 ans, c’est l’histoire d’une véritable métamorphose. Aujourd’hui, à 32 ans, ces problèmes de dyslexie et ses moqueries sont derrière elle. Elle est devenue une créatrice de contenu appréciée sur les réseaux sociaux. Aussi à l’aise un pinceau à la main que devant une caméra.
Le jury des Talentueuses, touché par son histoire et convaincu qu’elle est un formidable exemple pour les femmes et les jeunes qui veulent travailler dans le bâtiment, a décidé de lui attribuer le trophée dans la catégorie « Créatrice de contenu ».
Hilanie, tu as remporté le trophée « créatrice de contenu » des Talentueuses de Semin qui récompense les femmes du bâtiment. Qu’as-tu ressenti quand tu es montée sur scène pour recevoir ce trophée des mains de la décoratrice et créatrice de contenu Victoria Floc’h (alias vk_passiondeco) ?
  • « J’en ai encore des frissons ! C’est une grande fierté d’avoir reçu ce prix. Jamais, je n’aurais imaginé recevoir un jour un trophée. Alors oui, c’est une belle fierté, car quand j’ai commencé à travailler dans le bâtiment à 15 ans personne ne croyait en moi à part mes parents. D’ailleurs, qui aurait pu penser, avec toutes les difficultés que j’ai rencontrées à l’école, que j’en serais arrivée là aujourd’hui ? C’est une victoire pour moi. C’est le début des victoires ! »
En plus, c’est Victoria qui t’a remis le trophée.
  • « Oh oui ! Ça m’a fait énormément plaisir, parce que Victoria, c'est quelqu'un qui compte pour moi, c'est une personnalité incroyable. Elle est vraie, elle est sur les réseaux comme dans la vie. Même si elle a des millions de followers, elle ne change pas. C'est ce que j’apprécie chez elle. »
À qui souhaites-tu dédier ce trophée ?
  • « À moi (rires d’Hilanie), à tous ceux qui se sont moqués de moi quand j’étais au collège (nouveaux rires), mais surtout à ma mère et à tous ceux qui m’ont soutenue et me soutiennent encore. »
D’ailleurs, ta mère était là pendant la soirée des Talentueuses.
  • « Elle a pleuré et elle m’a fait pleurer. Son émotion m’a touchée. J’en parlais encore hier avec elle. J’étais une fille toute timide, toujours dans son coin et qui n’osait pas parler avec les autres. Alors, qu’aujourd’hui, je suis tout à fait l’inverse ! »
Ah oui ! Quand on te connaît et qu’on te suit sur les réseaux sociaux, ça peut nous faire sourire. La transformation est incroyable.
  • « Quand je vois ou j’appelle mes fournisseurs par exemple, ils me disent souvent : Hilanie, on aime ta joie de vivre ! »
Ta joie de vivre, c’est une évidence, mais également ta détermination, n’est-ce pas ?
  • « Lors d’une émission sur M6, j’ai entendu le témoignage de mon premier patron qui disait « Quand j’ai vu arriver Hilanie dans mon entreprise du haut de ses 15 ans qui me décrivait ce qu’elle voulait devenir, je n’avais jamais rencontré une fille de son âge aussi déterminée, encore plus dans un monde d’hommes. »
Quand, avant de recevoir ton trophée, tu as dit à Estelle Denis que tu as commencé à peindre à l’âge de 15 ans, elle était surprise et elle a répliqué « Mais à 15 ans, on est encore à l’école ! ». Peux-tu nous parler de ton adolescence et de tes difficultés à l’école ? Qui étais-tu à 15 ans ?
  • « C’était vraiment dur pour moi. En plus, les autres élèves se moquaient de moi. J’avais notamment du mal à me concentrer. J’étais dyslexique. Quand j’étais au primaire, ma mère venait me chercher à pied, elle n’avait pas son permis, pour aller 2 fois par semaine chez l’orthophoniste. J’adorais ces séances.
  • On a déménagé plusieurs fois avec mes parents. Je me suis un peu perdue à cause de ces déménagements répétés. Je prenais sans arrêt du retard et je n’arrivais plus à suivre. J’ai alors sauté ma classe de CM2 pour aller en Segpa. (ndlr : les sections d'enseignement général et professionnel adapté (Segpa) accueillent des collégiens présentant des difficultés scolaires) »
Dans quelles matières avais-tu le plus de difficultés ?
  • « Les maths, c’était horrible ! Mais aussi l’orthographe et la prononciation des mots. J’allais chez l’orthophoniste parce que je confondais les « b » et les « p », j’avais du mal à prononcer des mots comme crocodile. J’avais plein de petites choses comme ça qui ont fait que je n’avais pas confiance en moi. »
Quand on te voit et on t’entend t’exprimer dans tes vidéos sur les réseaux sociaux avec cette force et cette joie de vivre, on se dit que tu es un formidable exemple pour toutes celles et tous ceux qui rencontrent ces difficultés. On peut s’en sortir avec succès.
  • « Et puis, aujourd’hui les maths, ce n’est plus du tout un problème. Je suis obligée de faire des calculs pour mes devis et pour connaître la surface à peindre, etc. »
Ta transformation est impressionnante. Tu vois (je suis en train de m’emmêler les pinceaux), je bafouille bien plus que toi !
  • « Ça m’arrive encore, par exemple lors d’une émission qui est passée sur France 2 samedi soir, j’avais tellement d’idées qui se bousculaient pour sortir de ma tête que je me suis perdue dans mes mots. Mais ce n’est plus comme avant. Je m’en sors beaucoup mieux, car j’ai plus confiance en moi, parce qu’il faut savoir s’accepter, parce qu’on a le droit de se tromper, parce qu’on a le droit de recommencer. Je n’ai pas honte de ce que je suis. »
Non, il ne faut jamais avoir honte de son histoire, de ce que l’on est et de ce que l’on a été.
  • « J’ai eu longtemps honte, je n’ai avoué que très récemment que j’avais été en Segpa. »
Est-ce que tu dois plus cette transformation à ton travail sur les chantiers ou ton travail sur les réseaux sociaux ?
  • « Les deux ! Le fait d’avoir vécu des choses sur les chantiers, le fait de travailler avec des hommes, ça m’a endurci au point d’avoir construit une carapace.
  • Et après, le fait que les gens puissent aimer ce que je montre, ce que je dégage, ce que je peux dire, ce que je peux faire, ça m'a donné encore plus confiance en moi. J’ai compris qu’il ne faut pas avoir peur. De toute façon quoi qu’on fasse, quoi qu’on dise, on est jugé ! Mais, au final, j’ai plus de retours positifs que négatifs, donc ça vaut la peine. »
Justement, j’ai eu la chance de t’interviewer et de te rencontrer souvent. Ton histoire est exemplaire pour les femmes et les jeunes qui ont envie de travailler dans le bâtiment. Est-ce que tu as des témoignages qui vont dans ce sens ?
  • « Bien sûr, ça m’arrive souvent. Par exemple, depuis plusieurs années, je dialogue avec une fille qui s’appelle Clara. Elle a pris contact avec moi sur Instagram. Elle a vécu pas mal de trucs pas très sympas dans notre milieu. Elle voulait tout lâcher alors qu’elle aimait ce qu’elle faisait. Je l’ai soutenue, je l’ai encouragée en lui racontant mon parcours. Et puis, les choses ont commencé à aller mieux pour elle, elle a obtenu son CAP et dernièrement son CDI aussi. Elle est peintre en bâtiment. »
Ça serait bien qu’elle se présente lors de la prochaine édition des Talentueuses, car son histoire est exemplaire. Je lui lance donc ce message.
  • « Oui, on va l’encourager. Les Talentueuses, c’est vraiment une excellente idée que Caroline Semin a eue. D’ailleurs, la preuve, il y a beaucoup d’hommes qui sont jaloux ! (rires) Ils me disent qu’eux aussi sont sur les chantiers et à la fin il n’y a que les femmes qui reçoivent des récompenses ! » (rires)
Cela va peut-être motiver Caroline à créer un trophée pour les hommes. Par exemple, l’artisan de l’année désigné par les femmes du bâtiment.
  • « On n’a pas vécu la même histoire. On a longtemps considéré que c’était des métiers d’homme, donc pour eux, cela va de soi qu’ils travaillent sur des chantiers. Pour nous, les femmes, c’est différent. On rencontre des obstacles, on fait face à une certaine hostilité. Notre récit n’est pas le même.
  • Aujourd’hui, la plupart des filles qui travaillent dans le bâtiment font une reconversion. Il y en a peu encore qui ont commencé à 15 ans comme moi et Cindy (Plumbs). On pense parfois que j’ai repris l’entreprise de mon père. Eh bien non, pas du tout ! Personne ne m’a rien transmis, personne ne m’a appris ce métier avant, personne ne m’a rien dit. Bien sûr, j’avais le soutien de mes parents, mais c’est moi seule qui ai pris cette décision. »
Pour toi, c’est important de montrer qu’on peut rester féminine et travailler sur un chantier. C’est même ce qui te démarque, qui fait ton identité. Comment fais-tu pour rester féminine dans ce milieu plutôt misogyne, voire machiste ? Quelle est l’importance d’être féminine ? Si je te dis que tu n’es pas féministe, mais féminine, est-ce que ça résume bien ton état d’esprit ?
  • « Carrément ! Tu as tout dit.
  • Si demain, je veux développer ma société, j’aurais besoin autant d’hommes que de femmes. Moi, sur les chantiers, je travaille avec des hommes. On est complémentaires. Je n’ai donc absolument pas cette mentalité féministe, mais j’aime, comme tu le dis, être féminine, parce que j’ai besoin de me plaire et de me sentir bien dans ma peau. C’est ce qui fait la différence avec mes clients et mes fournisseurs, j’apporte cette petite touche féminine et solaire. »
Quels sont les avantages d’être une femme dans le bâtiment ?
  • « Si les clients sont parfois surpris au début, ils sont vite rassurés. Je me souviens de clients de mon ancienne entreprise qui venaient de subir un cambriolage. Le traumatisme était encore fort pour eux, alors ils avaient du mal à faire entrer des gens chez eux. On intervenait uniquement à l’extérieur avec un accès seulement au sous-sol pour aller aux toilettes.
  • Un jour, je devais justement repeindre le sous-sol, mais j’étais toute seule. La cliente m’a alors accueillie dans son salon. Elle m’a servi des gâteaux et du thé. J’avais l’impression d’être dans une maison de poupée avec toute la dînette sur la table.
  • À chaque chantier, mes clients me laissaient une enveloppe avec un mot et un pourboire à l’intérieur. J’ai encore tous ces messages sur mon frigo. Hilanie, merci pour votre gentillesse et votre travail… vous irez loin dans votre vie… gardez votre sourire et votre bonne humeur… ». Alors, oui il y avait aussi de l’argent, mais je m’en fous de l’argent, car les mots, ça reste ! En plus, ces mots, moi je les avais, mais mes collègues masculins ne les avaient pas. Tout simplement parce que je suis une fille. »
Et depuis que tu es indépendante, comment ça se passe ?
  • « Ils ont toujours des gestes attentionnés, ils m’offrent des fleurs, des chocolats, ils me font des compliments, etc. Quand je passe à la télé, ils m’envoient des messages en me disant « je vous ai vue, vous êtes une star, je suis fier de vous… » Ça fait vraiment plaisir. »
D’un autre côté, est-ce que tu as parfois ressenti un sentiment d’injustice ?
  • « Depuis que je suis à mon compte, non, mais quand j’étais salariée, ça m’est arrivé. Heureusement, j’avais un patron en or.
  • Je travaillais sur un chantier avec un collègue. Tout s’était très bien passé. La cliente avait été gentille avec nous. Quelque temps plus tard, j’ai dû y retourner, car la peinture du portail avait cloqué. Cela peut se produire et dans ce cas-là, bien sûr, on intervient pour régler ce problème. J’étais contente d’y aller, à tel point que j’allais faire une story en racontant ma joie de revoir cette cliente. Mais quand je suis arrivée, elle n’était pas là. Je vois un homme qui s’avance vers moi et me serre la main de façon brusque. Il m’a littéralement fracassé la main ! Je fais comme si de rien n’était. Je ne sais pas qui il est. Il ne se présente même pas. Il était assez grand et devait avoir plus de 65 ans.
  • On commence à faire le tour du chantier. Immédiatement, il m’agresse verbalement en me reprochant d’avoir installé un échafaudage pour faire les travaux au-dessus du garage. Je lui explique calmement que c’est dans les normes de mettre un échafaudage à cet endroit. Et j’ajoute que je tiens à ma vie, que j’ai encore des choses à accomplir dans ma vie, on ne badine pas avec la sécurité. Voilà c’est obligatoire, un point c’est tout. Il poursuit en critiquant les travaux. Je lui réponds que tout a été fait dans les règles de l’art et qu’il pouvait le constater lui-même en visionnant mes vidéos publiées sur les réseaux sociaux. Tout est documenté étape par étape. Bref, il était en train de nous faire passer pour des voleurs. C’en était trop, alors j’appelle mon patron. Il essaie de me rassurer en m’expliquant que c’est le nouveau copain de ma cliente, de ne pas m’en faire et de me concentrer sur les travaux du portail.
  • Je mets tout en place et c’est reparti avec ces railleries sur ma façon de travailler. Là, je sens que ça bouillonne en moi. Il ne me quitte pas du regard. Je me baisse pour commencer à travailler et il me balance à la figure : « Tu te mets déjà à genoux ! » Là, j’ai vrillé. C’était de l’injustice, car si j’étais un homme il n’aurait jamais osé se comporter de telle sorte et il n’aurait jamais dit un truc pareil. Je suis partie en lui disant qu’on ne me manque pas de respect comme ça.
  • Le soir, mon patron est allé chez eux. « Votre ouvrière, elle est susceptible ! » lui a-t-il stupidement rétorqué. Il a répliqué en lui expliquant que je travaillais pour lui depuis 15 ans et qu’il ne m’avait jamais vu dans cet état. Comme le type continuait à récriminer, mon patron a coupé court à la conversation. Il lui a redonné son chèque pour les travaux du portail en précisant que son entreprise ne mettrait plus jamais les pieds ici.
  • Ma chance est d’avoir eu un patron qui m’estime, qui prenne ma défense et qui trouve insupportable qu’on manque de respect à une femme. »
C’est certain, de telles injustices ont forgé ta carapace. Est-ce que tu as dû faire parfois des sacrifices dans ta longue et jeune carrière ?
  • « J’ai sacrifié ma vie privée pour en arriver là. Je suis partie vivre seule à 17 ans et je travaillais tous mes week-ends pour subvenir à mes besoins. Encore une fois, mon patron m’a aidé. Pendant des années, j’ai dû rembourser l’argent de mes loyers sur mes fiches de paie.
  • Pendant que mes amis sortaient et s’amusaient, moi je travaillais. Mais je ne regrette rien. Je ne n’ai pas du tout profité de ma jeunesse, mais j’en profite maintenant. »
Comme quand on te suit dans tes voyages sur les réseaux sociaux.
  • « Exactement, tout ce que je ne n’ai pas fait avant, je le fais maintenant. »
Dans ton dossier tu racontes que l’action dont tu es la plus fière : « c’est d’avoir osé me mettre à mon compte ». J’aimerais m’attarder sur cet aspect. Je sais d’ailleurs que beaucoup de personnes t’ont encouragé à le faire. Quel a été le déclic ?
  • « J’ai eu une vie plutôt compliquée. J’ai vécu aussi une séparation après une relation qui a duré 7 ans. Je me suis retrouvée à vivre seule et j’avais peur financièrement. Ce sont les réseaux sociaux qui m’ont sauvée grâce à mes partenariats, en particulier, avec Maxoutil. Ils m’ont donné beaucoup de matériel. Ça m’a permis de prendre mon envol. Maxoutil fait partie de mon histoire. »
On a d’ailleurs fait une vidéo ensemble sur le stand Maxoutil à Batimat. Tu y présentais ton outil préféré, une ponceuse. On a cartonné avec ce reel sur Instagram et Tik Tok.
  • « Ah oui, mes ponceuses, ce sont comme mes bébés, je les adore ! »
C’est passionnant de te suivre sur les réseaux sociaux. Dernièrement, je t’ai vu monter sur les toits, présenter un robot qui peint des fresques, en voyage cet été en Espagne et au Portugal, mais aussi avec ton chien ou faire du sport. C’est comme une série qui raconte la vie d’une héroïne du bâtiment dans son travail et ses moments privés. On peut revenir sur ces certains de ces moments. Par exemple, quand tu fais de la musculation, on a l’impression de voir une athlète qui prépare une compétition.
  • « C’est vraiment quelque chose que j’aime faire. C’est le seul moment où j’arrive à lâcher-prise et à ne pas penser du tout au boulot. Je fais un métier assez physique, c’est donc aussi un entraînement. Du coup, j’ai moins mal au dos. C’est important la santé. »
Les moments les plus émouvants, c’est quand tu te filmes avec ton chien. Comment s’appelle-t-il ?
  • « Shadow, il a 4 ans, c’est un staffie. Une amie a eu une portée de chiots qui n’était pas prévue, il a été le seul survivant et elle me l’a gentiment donné. Il est tout le temps collé à moi. C’est un amour, c’est comme si c’était un enfant. »
Tu n’avais pas un bouledogue avant ?
  • « Oui, il s’appelait Goef. Il vivait avec moi depuis que j’étais partie de chez mes parents. Il a vécu toute ma jeunesse avec moi. Sa perte a été extrêmement dure à vivre. Je rentrais le plus tard possible parce que je n'acceptais pas de ne pas le voir chez moi. D’ailleurs, j’ai été longtemps absente sur les réseaux sociaux et les gens s’inquiétaient pour moi. Heureusement aujourd’hui Shadow est là. »
Parmi tes amis artisans, qui voudrais-tu citer ? Est-ce qu’il y a quelqu’un qui est toujours là pour toi ?
  • « Oui, c’est Valentin, mon meilleur ami. Je peux l’appeler à 4 heures du matin, il sera toujours là pour moi. Son père était notre maître d’apprentissage et à l’époque, on ne s’entendait pas, on s’était même battu ! Aujourd’hui, c’est un super pro du bâtiment qui a une société de rénovation, Aubin Habitat, qui marche fort. »
Et ton amie l’artisane Cindy Plumbs ? Elle était elle aussi candidate pour les Talentueuses, mais le jury a dû faire un choix
  • « Bien sûr, on était ensemble cette semaine pour tourner le reportage avec France 2. Elle va bien. Elle est vraiment gentille, parfois j’ai besoin de la secouer un peu. Elle a eu un passage à vide sur les réseaux, alors qu’elle a de l’or dans les mains. J’essaie de la motiver. »
Quand tu n’es pas sur un chantier, que fais-tu pour te relaxer chez toi ?
  • « Je vais me balader avec Shadow. »
Et quand tu sors sans Shadow où vas-tu ?
  • « Je vais dans un institut de beauté pour me faire un masque du visage. Et une fois par mois, je vais dans un spa pour me détendre. »
Quel est le lieu qui t’inspire le plus ?
  • « Le parc national du Serengeti en Tanzanie, je conseille à tout le monde d’aller dans ce pays merveilleux. C’était beau, il y avait les animaux qui vivaient les uns à côté des autres. Il y a une osmose entre tous les éléments de la nature que des images à la télé ne peuvent pas retranscrire. J’ai été impressionnée et touchée par les éléphants.C’était émouvant de les observer avec leurs bébés. Ça me fait frissonner d’évoquer ces moments. »
Même si je connais d’avance ta réponse, je te pose la question, quelle est ton héroïne ?
  • « C’est ma maman. Peut-être qu’un jour, je serai à mon tour l’héroïne de mes enfants. »
Ça fait partie de tes rêves ?
  • « Évidemment. Même si à 32 ans (ndlr : le 29 novembre), ma carrière professionnelle prend encore le pas sur ma vie sentimentale. Je n’ai pas encore rencontré la bonne personne. Il y a peut-être des prétendants, mais je ne fais pas attention. J’ai du mal à lâcher-prise. »
As-tu de nouveaux projets ?
  • « Oui, je prépare une formation d’aérogommage. On a acheté la machine pour décaper des meubles en bois, des produits en fer, etc. Tout ce que je faisais avec une ponceuse, je vais pouvoir le faire avec l’aérogommeuse. Deux personnes sont avec moi sur ce projet. »
Hilanie, je te propose de voyager dans le temps. Imagine que tu puisses rencontrer la jeune Hilanie qui débute dans ce métier, qu’est-ce que tu voudrais lui dire ?
  • « N’aie pas peur des échecs que tu vas rencontrer, tu en sortiras plus forte ! Laisse-toi aller et n’aie pas peur de lâcher-prise, tout se passera bien. »
En conclusion de cette interview : est-ce que tu crois que tu peux être un exemple pour d’autres femmes ?
  • « Aujourd’hui, je le suis déjà, pas parce que je le dis, mais parce qu’on me le dit. Si on me démarche pour faire des émissions et des reportages, c’est parce que je peux être un exemple. Si je peux aider des femmes à intégrer ce monde-là pour qu'elles dépassent leurs peurs ou pour n'importe quelle autre raison, je le fais avec grand plaisir. Si je peux aider en racontant mon histoire, c’est génial. »
Tu le dis toi-même Hilanie : « N’aie pas peur de lâcher-prise ! » Tu le sais, aucun obstacle ne t’arrête. Ton histoire en est un extraordinaire témoignage. Alors, n’oublie pas d’appliquer ce sage conseil pour réaliser tous tes rêves.
Après avoir lu ton interview, plus personne ne pourra se permettre de se moquer d’une élève en difficulté. Et je suis sûr que tu auras été un rayon de soleil pour nous tous : des femmes, des jeunes, mais aussi des hommes et des moins jeunes. Ta joie est communicative.
Propos recueillis par Denis Gentile
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